‹ Œuvres complètes de Michel de MontaigneChapitre 129 sur 297 · LIVRE 1, CHAP. III · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CHAP. III

nous au delà cette vie, mais encore de croire que bien souvent les faveurs celestes nous accompaignent au tombeau, et continuent à nos reliques. Dequoy il y a tant d’exemples anciens, laissant à part les nostres, qu'il n’est besoing que je m'y estende. Edouard premier Roy d'Angleterre, ayant essayé aux longues guerres d’entre luy et Robert Roy d’Escosse, combien sa presence donnoit d’advantage à ses affaires, rapportant tousjours la victoire de ce qu’il entreprenoit en personne; mourant, obligea son fils par solennel serment, à ce qu’estant trespassé, il fist bouillir son corps pour desprendre sa chair d’avec les os, laquelle il fitenterrer; et quant aux os, qu’il les reservast pour les porter avec luy et en son armée, toutes les fois qu’il luy adviendroit d’avoir guerre contre les Escossois. Comme si la destinée avait fatalement attaché la victoire à ses membres.

Jean Vischa* qui troubla la Boheme pour la deffence des erreurs de Wiclef, voulut qu’on lescorchast apres sa mort, et de sa peau qu’on fist un tabourin à porter à la guerre contre ses

Ligne 1) 1595 : le soin de nous, au-delà.

— 6) a, a! : que j'en fournisse. Edouard — | 9) a, a”: combien /a présence

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