‹ Œuvres complètes de Michel de MontaigneChapitre 147 sur 297 · LIVRE I, CHAP. V. BI · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAP. V. BI

seureté et l’advantage demeurast de son costé : comme fit en la ville de Regge le comte Guy de Rangon (s’il en faut croire du Bellay, car Guicciardin dit que ce fut luy mesmes') lors que le Seigneur de l’Escut s’en approcha pour parlementer : car il abandonna de si peu son fort, qu’un trouble s’estant esmeu pendant ce parlement, non seulement Monsieur de L’Escut et sa trouppe, qui estoit approchée avec luy, se trouva la plus foible, de façon que Alexandre Trivulce y fut tué, mais luy mesmes fust contrainct, pour le plus seur, de suivre le Comte, et se jetter sur sa foy à l’abri des coups dans la ville.

Eumenes en la Ville de Nora pressé par Antigonus qui l’assiegeoit, de sortir parler à luy, et qui apres plusieurs autres entremises alleguoit, que c’estoit raison qu’il vint devers luy, attendu qu'il estoit le plus grand. et le plus fort, apres avoir faict cette noble responce : Je n’estimeray jamais homme plus grand que moy, tant que j'auray mon espee en ma puissance, [n’y] consentit, qu’Antigo-

Ligne 3) a, a b: croire Monsieur du Bellay — 4)a,a: Guichardin — 16) 1599 : sortir pour lui parler alléouant que c'était — 23) b: puissance, #e s’y consentit

1. MARTIN DU BELLAY, I, p. 148 ; GuIcHARDIN, XIV, 1. — Il s’agit de Reggio d’Emilie (1521).

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nus ne luy eust donné Ptolomæus son propre nepveu ostage, comme il demandoit‘.

Si est-ce que encores en y a il, qui se sont tres bien trouvez de sortir sur la parole de Passaillant. Tesmoing Henry de Vaux, chevalier Champenois, lequel estant assiegé dans le chasteau de Commercy par les Anglois, et Barthelemy de Bonnes”, qui commandoit au siege, ayant par dehors faict sapper la plus part du Chasteau, si qu’il ne restoit que le teu pour accabler les assiegez sous les ruines, somma ledit Henry de sortir à parlementer pour son profict, comme il fit luy quatriesme; et son evidente ruyne luy ayant esté monstrée à l’œil, il s’en sentit singulierement obligé à l’ennemy : à la discretion duquel apres qu'il se fut rendu et sa trouppe, le feu estant mis à la mine, les estansons de bois [venus] à faillir, le Chasteau fut emporté de fons en comble.

Je me fie ayseement à la foy d’autruy. Mais mal-aiseement le fairoy je lors que je donnerois à juger, l'avoir plustost faict par desespoir et faute de cœur, que par franchise, et fiance de sa loyauté.

Ligne 8) a : Berthelemy — 18) a, a’, b : bois venant à — 21) b: je donrois à

1. PLUTARQUE, Vie d'Eumènes, ch. 5 2. FRoIssART, vol. I, chap. 200.

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