‹ Œuvres complètes de Michel de MontaigneChapitre 185 sur 297 · LIVRE I, CHAP. XIV. IOI · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAP. XIV. IOI

concevoir et juger. Mais la diversité des opinions, que nous avons de ces choses là, montre clerement qu’elles n’entrent en nous que par composition : tel à l’adventure les loge chez soy en leur vray estre, mais mille autres leur donnent un estre nouveau et contraire chez eux.

Nous tenons la mort, la pauvreté et la douleur pour nos principales parties’.

Or cette mort que les uns appellent des choses horribles la plus horrible, qui ne sçait que d’autres la nomment l’unique port des tourmens de ceste vie? le souverain bien de nature ? seul appuy de nostre liberté? et commune et prompte recepte à tous maux? Et comme les uns lattendent tremblans et effrayez, d’autres [la supportent plus aiseemant que la vie].

Celuy-la se plaint de sa facilité :

Mors utinam pavidos vita subducere nolles, Sed virtus te sola daret2.

[Or laissons ces glorieus corages : Theodorus respondit a Lysimachus menaçant de le

Ligne 17) a, a'y b: d’autres ne la reçoivent-ils pas de tout autre visage? Celuy-là — 19) b : de sa vilité et facilité

Page 1