UN TRAICT DE QUELQUES AMBASSADEURS
J'observe en mes voyages cette practique, pour apprendre tousjours quelque chose, par la communication d’autruy (qui est une des plus belles escholes qui puisse estre), de ramener tousjours ceux avec qui je confere, aux propos des choses qu'ils sçavent le mieux.
Basti al nocchiero ragionar de’ venti, Al bifolco dei tori, et le sue piaghe Conti’ guerrier, conti’1 pastor gli armentit.
Car il advient le plus souvent au rebours, que chacun choisit plustost à discourir du mestier d’[un autre] que du sien, estimant que c’est autant de nouvelle reputation ac-
Ligne 6) a : le mieux. Car il — 10) 1595 : au contraire, que chascun — 12) a, 4", b : mestier d’autruy que
1. Que le pilote se contente de parler de ses vents, le laboureur de ses taureaux, le guerrier de ses blessures, et le berger de ses troupeaux. Traduction italienne de PROPERCE, II, 1, 43, empruntée à La civile conversatione de Stefano GUAZZO (1581) :
Navita de ventis, de tauris narrat arator; Enumerat miles vulnera, pastor oves.