‹ Œuvres complètes de Michel de MontaigneChapitre 243 sur 297 · J'ai trop vécu d’un jour. MACROBE, Safurnales, Il · texte numérisé non relu

J'ai trop vécu d’un jour. MACROBE, Safurnales, Il

philosophe, à l’endroit desquels les faveurs et disgraces de la fortune ne tiennent rang ny d’heur, ny de malheur; et sont les grandeurs, et puissances, accidens de qualité à peu pres indifferente : je trouve vray-semblable qu’il aye regardé plus avant, et voulu dire que ce mesme bon-heur de notre vie, qui dépend de la tranquillité et contentement d’un esprit bien né, et de la resolution et asseurance d’un’ ame reglée, ne se doive jamais attribuer à l’homme, qu'on ne luy aye veu jouër le dernier acte de sa comedie, et sans doute le plus difficile". En tout le reste il y peut avoir du masque: ou ces beaux discours de la Philosophie ne sont en nous que par contenance; ou les accidens, ne nous essayant pas jusques au vif, nous donnent loysir de maintenir tousjours nostre visage rassis. Mais à ce dernier rolle de la mort et de nous, il n’y a plus que faindre, il faut parler François, il faut montrer ce qu'il y a de bon et de net dans le fond du pot,

Nam veræ voces tum demum pectore ab imo Ejiciuntur, et eripitur persona, manet res?.

Ligne 3) a, a’, b : grandeurs, richesses et puissances — 10) a, a! : réglée et bien assenée, ne — 20) a,.a' : parler bon François.

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