‹ Œuvres complètes de Michel de MontaigneChapitre 245 sur 297 · PLUTARQUE, Dis notables des anciens rois, c · texte numérisé non relu

PLUTARQUE, Dis notables des anciens rois, c

[Ilest des mors braves et fortunees. Je luyai. veu trancher le fil d’un progres de merveilleus avancemant, et dans la fleur de son croit, a quelcun, d’une fin si pompeuse, qu'a mon

avis ses ambitieus etcorageus desseins n’avoint 5

rien de si haut que fut leur interruption. Il arriva sans y aller ou il pretandoit : plus grandement et glorieusement: que ne portoit son!

desir et esperance. Et devança par sa chute le pouvoir et le nom ou il aspiroit par sa course .|

Au Jugement de la vie d’autruy, je regarde tousjours comment s’en est porté le bouts et des principaux estudes de la mienne, c’est

1. Le général Michaud suppose qu’il estici question d'Henri de Lorraine, duc de Guise, qui fut assassiné! à Blois par ordre de Henri IIl,en 1588. La plupart des commentateurs s'accordent à penser que Montaigne veut parler de son ami Etienne de La Boëtie, à la mort duquel il assista en 1563. Mais la qualifications de « pompeuse » ne convient à la mort d'aucun de ces. deux personnages et, pour ce qui est du second, on ne. saurait parler de ses « ambitieux desseins ».

Il est vrai que les paroles de Montaigne: «Je remets à la mort l'essai du fruit de mes études, nous verrons là si mes discours me partent de ja bouche ou du cœur », sont presque identiques à celles que pro: nonça son ami dans ses derniers moments; mais Montaigne a fort bien pu avoir une réminiscence de ces paroles et faire allusion plus loin à un autre personnage. (Voir dans le dernier volume de la présente édition la lettre de Montaigne à son père sur la mort de La Boëtie.) Il nous paraît donc plus simple d’avouer que nous ne savons pas à qui Montaigne a voulu ‘faire allusion. (A. A.)

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