LIVRE I, CHAP. XIX. SAT
qu'il se porte bien, c’est-à-dire quietement et [sourdement'|.
Ligne 2) b : quietement et seurement.
1. C'est-à-dire je m'applique à ce que ma propre mort se passe tranquillement et sans bruit.
Montaigne a maintenu sa conclusion, « qu’il ne faut juger de notre heur qu'après la mort», malgré l'addition qu'il a faite à ce chapitre-en 1588, considérant probablement, à ce moment, que la mort réglée et « composée jusqu’à la perfection » des trois plus exécrables personnes qu'il ait jamais connues, est une exception permise par la divinité. Mais il se ravisera plus tard complètement, et, au livre IT, ch. xurr, il expliquera pour quelles raisons il est difficile de juger si la « résolution et la constance dans la mort » sont vraies, ou si elles ne sont qu’une contenance artificielle. Enfin, en ses il dira (IT, x), non plus pus interprète la vie par la mort, mais la mort par la vie, et que si l’on rencontre une moit d’apparence forte, attachée à une faible vie, il tient « qu’elle est produite d’une cause faible et sortable à sa Vie». En 1588-92 encore, Montaigne (I, nr) répète le mot de Solon qui est le point de départ et le principal sujet du présent chapitre, et il le réfute en se plaçant à un point de vue difiérent. (A. A.)