‹ Œuvres complètes de Michel de MontaigneChapitre 254 sur 297 · Montaigne n'obtint pas ce qu’il lui fallait, puisqu'il · texte numérisé non relu

Montaigne n'obtint pas ce qu’il lui fallait, puisqu'il

de chose si esloignée, ce seroit folie. Mais quoy, les jeunes et les vieux [laissent la vie de mesme condition. Nul n’en sort autremant que come si tout presantemant il y entroit.

Joint qu’il] n’est homme si décrepite, tant : qu’il voit Mathusalem devant, qui ne pense avoir encore {vint} ans dans le corps. D’avantage, pauvre fol que tu es, qui t’a estably les termes de ta vie? Tu te fondes sur les contes des Medecins. Regarde plustost l’effect et :

lexperience. Par le commun train des choses, tu.vis pieça’! par faveur extraordinaire. Tu as passé les termes accoutumez de vivre. Et qu’il soit ainsi, conte de tes cognoissans combien il en est mort avant ton aage, plus qu’il n’en y : a qui l’ayent atteint; et de ceux mesme qui ont annobli leur vie par renommée, fais en registre, et j’entreray en gageure d’en trouver plus, qui sont morts avant, qu'apres trente cinq ans. Il est plein de raison et de pieté de :

Ligne 2)a, a’, b : vieux y pensent aussi peu les uns que les autres. Et n’estthomme — 7)a,d',b : encore unan À È AE — 12) a, a, b : vis desja pieça

mourut en 1592, dans la soïxantième année de son âge. | 1. Depuis longtemps. — Tout ce que Montaigne dit dans ce passage est surtout remarquable en ce que, le premier entre tous les écrivains de son époque, à notre connaissance, il se livre à des considérations sur la durée moyenne de la vie de l’homme.

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