‹ Œuvres complètes de Michel de MontaigneChapitre 279 sur 297 · LUCIEN, Comment il faut écrire l’histoire, c · texte numérisé non relu

LUCIEN, Comment il faut écrire l’histoire, c

3. PuINE, Hist. nat., VII, 3. — Montaigne a dû prendre tous ces exemples dans les recueils du xvi° siècle : Theatrum de ZWINGER, Leçons de MESSrE, etc. @. V.)

4. Iphis, jeune garçon, acquitta les vœux qu’il avait faits étant jeune fille. Ovine, Métam., IX, 703.

5. Montaigne raconte cette anecdote dans son Voyage, à la date du mois de septembre 1580.

(Journal de Voyage, Paris, Hachette, 1906, p. 60-61.) On y lit ces mots : « Nous ne le sceumes voir, parce qu'il était au village. » Maïs il est possible que Montaigne ait voulu dire ici : « J’aurais pu voir », comme le suppose M. Lautrey, auteur de l’édition du Voyage. Le fait est mentionné par Ambroise Paré. C'était, dit-il,

un homme que l’Evesque de Soissons avoit nommé Germain en confirmation, lequel tous les habitans de là ont cogneu et veu fille, iusques à l’aage de vingt deux ans, nommée Marie. Il [estoit] à cett’ heure [la] fort À barbu, et vieil, et point marié. Faisant, dictil, quelque effort en sautant, ses membres virils se produisirent : et est encore en usage, entre les filles de là, une chanson, par laquelle elles s’entradvertissent de ne faire point de « grandes enjambees, de peur de devenir garçons, comme Marie Germain. Ce n’est pas tant de merveille, [que] cette sorte d’accident se rencontre frequent : car si l’imagination peut en telles choses, elle est si continuelle= 15 ment et si vigoureusement [atachee a] ce subject, que pour n’avoir si souvent à rechoir en mesme pensée et aspreté de desir, elle a meilleur compte d’incorporer, une fois pour toutes, cette virile partie aux filles. 20 Les uns attribuent à la force de l’imagination les cicatrices du Roy Dagobert et de

Ligne 5) b: Il est à cett’ heure fort barbu, et vieil, et ne s’est point marié — 13) b : merveille, si cette — 16) b : vigoureusement exercée en ce — 19) b : compte d’affacher et incorporer,

une paysanne, Marie Garnier, qui, à l’âge de quinze ans, gardant les moutons, et ayant sauté un fossé, éprouva une vive douleur et se trouva changée de sexe ; on lui donna alors le nom de Germain.

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