‹ Œuvres complètes de Michel de MontaigneChapitre 280 sur 297 · LIVRE I, CHAP. XXI · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAP. XXI

Saïinct François". On dict que les corps s’enenlevent telle fois de leur place. Et Celsus recite d’un Prebstre, qui ravissoit son ame en telle extase, que le corps en demeuroïit longue espace sans respiration et sans sentiment.

[Sainct Augustin en nome un autre”, a qui il ne faloit que faire ouir des cris lamentables et pleintifs, soudein il defailloit et s’emportoit

Ligne 2) a, a’ : s’en enlèvent

1. La légende dit que Dagobert, étant couvert de lèpre, s'était dévotement frictionné avec la rosée de certain lieu d’une vénération particulière; il en fut miraculeusement guéri, ne conservant que les cicatrices de ses plaies.

Quant à saint François, deux ans avant sa mort (1224), étant en prière, il tomba en extase; le Christ sur la croix lui apparut, et en même temps il se sentit percé de trous dans tous les membres où les clous étaient enfoncés dans ceux de Notre-Seigneur, et depuis il en conserva les cicatrices. Ce fait de stigmates a été relevé à diverses reprises en des temps rapprochés ; en 1843, il a été longuement question d’un cas semblable chez trois vierges, dans le T'yrol. En ce qui touche saint François d'Assise, le fait a été interprété comme surnaturel par l’Église qui a institué une fête en cet honneur ; ce qui n’a pas empêché un incrédule d'avancer qu’au dire des Jacobins, adversaires des Cordeliers dont saint François est le fondateur, ces stigmates avaient été produits par saint Dominique armé d’une broche, lors d’un différent survenu entre eux. (M.)

On voit, au paragraphe suivant, que pour Montaigne de pareils miracles doivent leur principal crédit, comme les visions et enchantements, à « la puissance de l’imagination agissant principalement contre les âmes vulgaires (ou surexcitées par une forte croyance) », où il y a moins de résistance.

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