ACTE IV, SCÈNE IX. i
Mon sort est d'entraîner dans ma perte cruelle Tous ceux qui m'ont aimé, tous ceux qui m'ont servi. Vivez : à cette loi vous êtes asservi. Acceptez cette loi que mon cœur vous impose : Vous savez quel trésor en vos mains je dépose.
Vous exposer pour moi , ce serait me trahir.
PROCID A.
Je suivrai mon devoir sans cesser d'obéir.
Écoutons... J'avais cru sous la voûte sonore... Je m'étais abusé. Tout est tranquille encore. Mais bientôt doit sonner l'heure qui pour jamais Me sépare du monde et de ce que j'aimais. Elisabeth ! ma mère ! oh ! dans quelle tristesse Le récit de ma mort va plonger ta vieillesse ! Tu n'y survivras pas, et bientôt devant Dieu... Bénissez-moi, mon père, et me dites adieu.
ï8i CONRADIN.
l'ROCII) A.
J'attends de toi, mon fils, un adieu plus austère. Songe qu'un roi plus grand que les rois de la terre Sans regrets et sans plainte à la mort s'est livré : Roi de Jérusalem, songe au Tombeau Sacré.
{Il sort.)