SCÈNE IX
CONRADIN , PROCIDA , ERNANCE,
Puiscru'un moment encor il me laisse avec vous, .Je le maudirai moins. Au gré de mon envie
(^ Procida. ) Il permet que ma mort rachète votre vie. C'est assez.
PROCIDA
Qu'as-tii fait, ô trop généieux fils!
Hélas! en te livrant Ki nous a tous trahis.
Oui , j'ai livré ma vie au tyran que j'abhorre : Libre et vous prisonnier, je le ferais encore. Vengez-moi par des pleiu's et non plus par le fer, Vivez pour regretter un fils qui vous fut cher. Vivez pour mon Ernaiice. Aux enauis condamnée, 5 i6
i8a CONRADIN.
Épouse sans époux, veuve avant l'hyménée, Hélas! tu dus porter la couronne... Mais non; Il ne te restera que mon deuil et mon nom.
ERNANCE.
Ah ! tout mon cœur se brise. ,
(^ PROCIDA
O mon fils !
o mon père !
On va nous séparer. Je frémis.
PROCIDA
Moi, j'espère.
Tant qu'un roi tient, un glaive , il n'est pas détrôné.
Est-il un glaive encor pour un bras enchaîné?
PROCIDA
Mon bras est libre. Adieu.
Modérez votre zèle.