‹ uvres complètes de Millevoye (volume 2)Chapitre 103 sur 188 · ACTE IV, SCÈNE X. i · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE X. i

Se seraient dérobés aux fers de l'esclavage : Et moi qui liant de fois de rivage en rivage Ai conduit sur mes pas tout ce que l'Orient Dans les champs de la guerre a compté de vaillant ; Moi qui, jeune^ ai du trône embrassé la défense. Moi, par une victoire échappé de l'enfance. Je n'ose m'affranchir de là chaîne où je suis! Mes gardes, par ma voix effrayés ou séduits, Ne sauraient-ils , frappés du nom de mes ancêtres , Délivrer et servir l'héritier de leui's maîtres?' Procida ! ton courage en mon cœur a passé : A revoir Conradin tu n'as point renoncé ; Eh bien ! je veux te rendre audace pour audace ; Au poste du danger j'irai prendre ta place.

[A Ernance.) Avec vous de ces murs je prétends m'échapper , Du glaive et de la chaîne en même temps frapper, Er , secondant les bras armés pour nous défendre ,

i86 CONRA.DIN. "

Racheter notre vie ou chèrement la vendre.

ERNAITCE.

Comment de ce palais nous flatter de sortir? Ces gardes, à vos vœux craignant de consentir, Contiendront dans leur sein leur pitié dangereuse.

L'amc du vrai soldat fut toujours généreuse ; 11 ne s'informe point du péril qui l'attend , Et le cri de l'honneur est le seul qu'il entend.

i^S' adressant a la troupe qui l'entoure.) Depuis quand , mes amis, une injuste puissance, Remettant de tels soins à votre vigilance , Abaisse-t-elle au rang de gardiens des cachots Des soldats , disons mieux, des guerriers , des héros ? Malheur au prince ingrat qui méprise le brave ! Ah ! si pour un moment je cessais d'être esclave ! Si du ciel un moment j'obtenais votre appui , Conradin serait libi'o, et vous tous avec lui.

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