‹ uvres complètes de Millevoye (volume 2)Chapitre 104 sur 188 · ACTE IV, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE X

Amis , de Procida la fille infortunée , A mon sort en ce jour par l'hymen enchaînée, Craintive, devant vous joint ses vœux à mos plenrs; Son espérance unique est au fond de vos cœurs. Ne la rejetez pas. Je l'atteste d'avance; Nous servir est justice encor plus que clémence. Charles n'est rien pour vous, rien qu'un usurpateur; Conrad fut votre maître et votre bienfaiteur. Ne vous souvient-il plus d'Elisabeth ma mère? Abandonnée au sein d'une plage étrangère , Elle bénit de loin son fils et ses soutiens. Oserai-je espérer que vous soyez les miens ? Le temps presse : il s'agit de mouinr ou de vivre ; 11 faut, et dès l'instant, m'immolcr ou me suivre. Je vous laisse le choix.

l'officier.

J'ai lu sur tous les fronts :

Héritier de Conrad ! marchez nous vous suivrons.

i88 CONRADIN.

Je réclame l'honneur de détacher vos chaînes. Ces fers conviennent mal à vos mains souveraines : Peut-être à d'autres mains sont-ils déjà promis...

Rejoignons Procida. Ses courageux amis , Qui déjà déployaient l'étendard de vengeance , Enflammés par ma voix et par votre présence, Contre l'usurpateur marcheront avec nous. Un cri de rallîment doit nous rassembler tous. Il a plus d'une fois retenti dans nos guerres : Souabe , chevaliers! c'est le cri de mes pères.

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