ACTE I, SCENE I
Pour la dernière fois ressaisissant l'éprc. Exterminons cette hydre à nos coups échappée : Frappons; et qu'à jamais un odieux parti Rentre dans le néant dont il était sorti.
UOOLIN.
Cet excès de terreur les honore et nous blesse, Sisinondi : trop de soins prouvent trop de faiblesse. A quoi bon tant d'efforts, tant d'apprêts menaçants ? Les Guelfes après tout sont-ils donc si puissants , Pour qu'au bruit de leur nom lâchement alarmée Contre quelques fuyards Pise assemble une armée? Qu'eussions-nous fait de plus si le fougueux Toscan Eût rallumé son foudre à ceux du Vatican, Et que, guidant vers nous ses rapides cohortes, Les haches à la main, il eut brisé nos portes ?
SISMONDI
Le plus léger péril peut croître en un instant : Prudent, on le prévient.
Courageux, on l'attend.
SISMONDI
Le faible devient fort, tandis qu'on temporise. L'ennemi le plus grand, c'est celui qu'on méprise. Avant que l'incendie embrase nos palais, De sa fureur naissante étouffons les progrès. Comte Ugolin, laissez à la jeunesse ardente Les dangereux transports d'une audace imprudente. Et vous qui m'écoutez, imitez-moi : jurons Par ces nobles Romains de qui nous descendons ,
( // montre des statues. ) Par ces héros présents, dont l'imposante image Des fils de l'Italie appelle encor l'hommage, Du dernier Guelfe, amis, jurons le dernier jour; Et, s'il se peut jamais que par un vil détour Contre les Gibelins un Gibelin conspire , Qu'au milieu des tourments sous nos yeux il expire,