ACTE I, SCÈNE I. 2i
Ou, s'il se dérobait au glaive du bourreau, Qu'il vive SODS patrie et meure sans tombeau !
C'est trop loin, Sismondi, pousser la prévoyance: Vous nous outragez tous par cette défiance. Osez- vous nous confondre avec nos ennemis ? Pour qu'aux lois de l'honneur nous demeurionssourois. Faut-il donc du serment nous imposer les chaînes ? Que nous sert tout ce bruit d'imprécations vaines? I.aissons aux factieux ces cris blasphémateiu's : Nous sommes des guerriers, non des conspirateurs.
SISMONDI
Le masque du guerrier cache souvent le traître, Et l'on n'est pas toujours ce ([u on prétend paraître, Ugolin !
K S'il soupçonne un traître parmi nous,
Sismondi peut parler; ici nous sommes tous.
■iiG UGOLIN.
Qu'il ose hautement déclarer ce qu'il pense.
SISMONDI
J'en pourrais dire trop : qu'Ugolin m'en dispense.
Non. Point de vains délais , point de lâches refus ! Ce mystère est pour nous une offense de plus; Notre honneur s'en indigne... Et Sismondi peut-être Saurait nous respecter s'il savait nous connaître.
SISMONDI
Comte, portez, ailleurs vos hautaines leçons;
Vous ne m'apprendrez rien... qu'à garder mes soupçon
Je vous entends. C'est moi que votre cœur soupçonne : Ce mot m'a tout appris.
Je n'ai nommé personne; Mais je trouve Ugolin bien prompt à s'appliquer Un discours... qu'il n'est pas encor temps d'expliquer.