‹ uvres complètes de Millevoye (volume 2)Chapitre 127 sur 188 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

Quand le lier Siarra tomba sous nos ruines , Ugoliu donna seul des larmes à son sort ; Il admira sa vie, et déplora sa mort

LORENZO

En pleurant Siarra pouvait-il vous déplaire ? De Corali, seigneur, Siarra fut le frère.

SISMONDI

Frère de mon épouse, il n'était pas le mien : Sa révolte entre nous a brisé tout lien.

LORENZO

Ugolin, pour le plaindre, était-il moins fidèle? Des civiques vertus n'est-il pas le modèle ? En douter un instant serait lui faire affront. Interrogez nos murs ; nos murs vous répondront : « Parmi les citoyens que notre sein renferme Ugolin de l'état est l'appui le plus ferme ; Éloquent au conseil, intrépide au combat, Il est tout à la fois héros et magistrat. »

Loin d'envier, seigneur, votre titre suprême, A ce rang glorieux il vous nomma lui-même. N'aimant que ses deux fils, sa patrie et l'honneur, Sa noble obscurité suffit à son bonheur. 1

SISMONDI

Ugolin doit chéiir votre généreux zèle, Car il possède en vous un défenseur fidèle. .

LORENZO. '

J'ai dû l'être. Il unit aux droits de l'innocent

Des droits non moins sacrés , seigneur , ceux de l'absent

SISMONDI

Poursuivez, Lorenzo : ce bienfait tutélaire Peut-être quelque^jour obtiendra son salaire. Toutefois, le mystère, enfin approfondi, Apprendra s'il faut croire ou vous ou Sismondi. Bianco, que seconde une escorte nombreuse. Cherche les conjurés dans la nuit ténébreuse :

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