SCÈNE IV
SISMONDI, LORENZO, BIANCO , gibelins.
SISMONOI.
Qu'avez-vous découvert ?
BIANCO
Pise au Guelfe barbare 'allait être livrée;
Déjà se rassemblait la troupe conjurée.
L'un d'eux courait terrible , et , le glaive à la main ,
A travers nos soldats se frayait un chemin :
Sous son bras meurtrier plusieurs, frappés dans l'ombre,
Sont tombés inconnus au sein de la nuit sombre.
Mais, voyant son parti par le nombre accablé,
Ce chef altier, lui-même interdit et troublé,
Après quelques instants de terreur et de doute,
Du palais d'Ugolin demande et prend la route.
2a6 UGOLIN.
SISMONDl.
UgoUn !... Ainsi donc le crime est avéré !
Le voilà, de^os lois cet appui révéré !
Ce sage, ce héros que le soupçon outrage,
Ali chef des ennemis offre un port dans l'orage.
( A Lorenzo. ) Vous, qui le défendiez avec tant de chaleur, Vantez-nous désormais ses vertus, sa valeur! Mais songez qu'on pourrait vous taxer d'artifice : Défendre un criminel c'est être son complice.
LORENZO
Seigneur, de mes discours s'il faut se défier. Mes actions sont là pour me justifier ; Vous apprendrez bientôt que , de feinte incapable , Qui venge l'innocent sait punir le coupable.
SISMONDI
Il suffit. Par ma voix au peuple rassemblé Le secret découvert doit être révélé :