ACTE I, SCENE V
Les charmes vertueux d'une épouse adorée, Rien ne peut me soustraire à mes jaloux ennuis ; Ils veillent avec moi dans la longueur des nuits. Mais enfin, grâce au ciel, le jour vengeur se lève; La tète d'Ugolin tombera sous le glaive : Mes yeux ne seront plus condamnés à le voir Sur mon pouvoir détruit élever son pouvoir ; Et , gouvernant ensemble et le peuple et l'armée. Faire pâlir mon nom devant sa renommée.
BIANCO. -,p,.
Sans de puissants efforts , seigneur , n'espérez pas
(Arracher aux Pisans l'arrêt de son trépas. SISMONDI.
Je ferai retentir à leur idolâtrie Ces vieux mots révérés de devoir , de patrie. L'innocent dangereux, du piège environné, Est bientôt criminel quand il est soupçonné. , Parcours nos murs, observe; et que ta voix fidèle 5 20
Du forfait d'Ugolin sème au loin la nouvelle. A l'indignation préparant les esprits , Sur un front que j'abhorre appelle les mépris. Fais plus ; de son palais investis le portique , Recueille de son crime une preuve authentique ; Forme un parti nombreux, et songe à m'entourer D'un peuple contre lui prêt à se déclarer. Puisqu'à ma haine enfin je dois ce sacrifice, Que ma haine triomphe, et qu'Ugolin pérbse !
BIANCO
On vient. C'est votre épouse.