‹ uvres complètes de Millevoye (volume 2)Chapitre 132 sur 188 · ACTE I, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VI

Ah ! du malheur des temps j'ai trop senti l'atteinte. Siarra, seul espoir de ma famille éteinte.!. Forcé de succomber aux horreurs de son sort, Hélas ! il a passé de l'exil à la mort.

A son nom détesté ne puis-je me soustraire ? Il fut mon ennemi, madame.

CORALI.

Il fut mon frère.

Lorsque ta voix dicta l'arrêt de ses malheurs , J'ai respecté ta haine et dévoré mes pleurs... Ne me refuse pas le prix que j'en réclame ; Qu'une fois ma prière aille jusqu'à ton ame.

SISMONDI

^ Injuste Corali, que me demandez- vous ?

CORALI.

Les jours de l'oppiimé , l'honneur de mon époux.

a34 ^ UGOLIN.

SISMONDI

L'honneur, ce même honneur défend que je fléchisse. J'ai pour loi le devoir , pour guide la justice. Le public intérêt...

COR ALI

Sans doute il est sacré ; Mais il n'ordonne pas d'être dénaturé ; Il ne dit point : « Saisis le glaive impitoyable , Punis un tort léger par un crime effroyable ; Égorge l'accusé qui vers toi tend les bras , Et fais-toi des vertus de tes assassinats. » Fùt-il vrai que le comte , infidèle à sa gloire , De sa vie en un jour eût terni la mémoire , Est-ce à toi , Sismondi , d'être l'accusateur ? Est-ce à toi de briguer le nom de délateur ? Songe , songe aux périls du rang où tu résides ! Des actions des grands interprètes perfides , Les ennemis secrets, dans la foule cachés. Tiennent de loin sur eux leurs regards attachés.

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