ACTE II, SCENE IV
J'adopte vos malheurs, et mon sort est le vôtre. Des jours de Siarra je réponds sur mes jours ; Je SHis son protecteur et le serai toujours. D'un pacte solennel que ma main soit le gage.
SIARRA.
Ah! je vous reconnais à ce noble langage.
Mais parlez: quel dessein vous conduit en ces lieux?
SIARRA.
L'espoir de me venger d'un mortel odieux , De l'époux de ma sœur.
De Sismoudi ?
SIARRA.
Le traître Dès long-leraps de la terre aurait dû disparaître : Il causa tous mes maux. De vengeance altéré, Je tournais contre lui mon bras désespéré...
Hélas ! pour mon malheur on retint ma furie. C'était durant ces jours où ma triste patrie Voyait ses citoyens, divisés en deux parts, De leur sang fraternel inonder ses remparts. De deux puissants rivaux l'inimitié féroce Avait contre l'empire armé le sacerdoce. Mon père , des Colonnes illustres descendant , Des soutiens de l'empire était le plus ai'dent. D'un pontife orgueilleux l'autorité suprême Marquait déjà son front du sceau de l'anathême , Et, vouant aux enfers ce chef des Gibelins, Nommait sa femme veuve et ses fils orphelins. O remords déchirants ! 6 douleur éternelle ! Portant le désespoir dans l'ame paternelle, Souillant ce noble sang en mes veines transmis , Je me précipitai parmi ses ennemis.
Pour la fille d'un Guelfe une ardeur insensée ( J'en rougis ) m'inspira cette horrible pensée.