‹ uvres complètes de Millevoye (volume 2)Chapitre 141 sur 188 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

Mon œil s'ouvrit bientôt sur ma coupable erreur : Je détestai ma flamme , et je m'en fis horreur. Je rejoignis mon père aux remparts de Florence. De fléchir ses rigueurs nourrissant l'espérance , Dans son cœur attendri j'avais fait retentir Le cri de ma douleur et de mon repentir ; Il cédait... Sismondi ralluma sa colère , Enchaîna le pardon sur les lèvres d'un père; Et le mien , reprenant son indignation , Mourut sans révoquer sa malédiction.

Depuis ce jour fatal la paix m'est enlevée ; Contre moi du tombeau la voix s'est élevée. Le crime et le malheur m'assiègent en tous lieux : La parole d'un père est un arrêt des cieux. Aux lois de Sismondi jaloux de me soustraire, Ma haine me retint dans le parti contraire : Je devais être Guelfe , il était Gibelin. En ces temps orageux , vous savez , Ugoliu ,

aSo UGOLIN.

Comment, dans l'Italie à mon seul nom tremblante,

Je me couvris cinq ans d'une gloire sanglante.

Ah ! j'ai trop expié mes succès éclatants :

J'ai conservé le jour pour mourir plus long-temps;

Toutes les nations m'ont déclaré la guerre ,

Et d'exil en exil j'ai parcouru la terre.

J'ai subi les refus, j'ai dévoré l'affront;

La pitié dédaigneuse a fait rougir mon front;

Tous les maux contre moi semblaient d'intelligence:

Mais qui pourrait trop cher acheter la vengeance ?

La vengeance est ma vie ; aux lieux inhabités ,

Elle veille dans l'ombre et marche à mes côtés.

Enfin j'assouvirai la haine qui m'inspire :

Ugolin me protège , et Sismondi respire.

Songez-vous à l'état où vous êtes réduit?

Vous parlez de vengeance , et le fer vous poursuit !

Voulez-vous démentir , aux yeux de l'Italie-^ ,

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