SCENE PREMIERE
UGOLIN, seul.
JjLÉLAS ! c'en est donc fait ! un arrêt absolu Prononce mon trépas d'avance résolu. Sismondi, contre moi s'armant de mon absence, Et sous la calomnie étouffant l'innocence , Va jouir du bonheur de me déshonorer !... Non , de ce vil espoir je prétends le frustrer. Mon nom parle pour moi ; j'aime du moins à croire Que vingt ans de travaux , et peut-être de gloire , Du souvenir encor ne sont point effacés.
Et contre un Sismondi me défendent assez. Que dis-je ? Un peuple ingrat peut briser son idole]; Et le mont Tarpéien touchait au Capitole. Sismondi dans ces murs a des amis puissants : Quand la haine prononce , il n'est plus d'innocents. Eh bien, sachons mourir!... Mais laisser sur la terre Mes enfants sans appui , sous ce toit solitaire ! A leurs embrassements renoncer pour toujours ! Ah ! je sens , malgré moi , tout le prix de mes jours. Malheureux étranger ! voilà donc ton ouvrage !... Ugolin ! Ugolin ! rappelle ton courage ; Ne ternis point l'éclat d'un magnanime effort : Qui regrette ses jours perd le fruit de sa mort. A pas précipités quelqu'un vers moi s'avance. Ah ! vient-on m' annoncer la fatale sentence ?,