ACTE III, SCENE II
D'une indigne terreur lâchement retenu,
Je pourrais balancer à payer de ma vie
Le salut d'un héros opprimé par l'envie^î
Des grandes actions connaissez le pouvoir :
Votre exemple est un ordre, et m'apprend mon devoir.
Ne perdons point de temps. Sur la place publique,
Déployant contre vous sa sombre politique.
L'infâme Sismondi prête à son attentat
Les noms de grand exemple et de raison d'état.
Il dicté à Bianco sa volonté sinistre.
C'est ainsi que le traître et son affreux ministre,
Juges, accusateurs, et bourreaux à la fois ,
Transforment en poignard le fer sacré des lois.
Venez; et, ramenant la foule détrompée,
Au poignard du perfide opposons notre épée.
Non. A ses ennemis dédaignant de m'unir. Je laisse au temps vengeur le soin de le punir : 5 23
Mais j'irai , le vouant à la haine publique , Révéler les noirceurs de sa vengeance oblique ; J'irai. Puisse le peuple, enfin désabusé , Voir les accusateurs flétris par l'accusé ! Vous pouvez à ce peuple annoncer ma présence.
LOREÎÎZO.
{A part.) J'y vole. Malgré lui je prendrai sa défense.
Comment récompenser votre noble pitié ?
LORENZO
Vivez , et de mes soins je serai trop payé.