ACTE III, SCÈNE IV
COR ALI
Eh bien , seigneur , Pise réclame De votre déférence un gage solennel.
XTGOLIN.
Ce gage , quel est-il ?
COR ALI
Sans doute, il est cruel De devoir son salut aux jours d'un misérable ; Mais la nécessité, cruelle, inexorable... Vous m'entendez , seigneur : un sang infortuné Est le prix...
Ugolin est toujours condamné.
COR ALI
Quoi! votre ame inflexible...
Au péril de m^ vie , Je réponds du dépôt que le sort me confie,
Et ne trahirai point, barbat-e délateur, Qui daigna me choisir pour son libérateur. Plutôt qu'à l'infamie on me force à descendre , Que je tombe écrasé sous mon palais en cendre! Je connais votre cœur ; il approuve le mien.
CORALI.
Ne redoutez-vous pas. ..
Je ne redoute rien.
Dès ce jour , s'il le faut, que l'arrêt s'accomplisse : Comme un prix glorieux j'accepte mon supplice. Cessez de vous livrer à de stériles soins ; S'ils pouvaient me fléchir, vous m'estimeriez moins.
CORALI.
O courage stoïque ! O vertu trop austère ! Songez à votre fils.
UGOLI N.
Songez à votre frère.