ACTE III, SCENE IV
CORALI.
Ah ! de quel souvenir frappez-vous mon esprit!
UGOIilBT.
Est-ce à vous d'exiger la tête d'un proscrit?
COR ALI
Mes pleurs l'arracheront à son destin funeste. Mânes de Siarra! c'est vous que j'en atteste.
Vain espoir! raesjours seuls peuvent sauver ses jours.
COR ALI
Hélas ! vous voulez donc nous quitter pour toujours! Non, seigneur, non, je tombe à vos pieds que j'embrassej De vous-même à vos pieds j'implore votre grâce.
Implorez mes refus : c'est vous en dire assez.
CORALI.
Eh quoi ! mes vœux...
^ Tremblez qu'ils ne soient exaucés !
COR ALI
L'intérêt de vos jours l'emporte sur tout autre. Le sort de ce proscrit...
Touche de près au vôtre.
Si vous saviez sur qui le fer est suspendu !... Jusqu'au dernier soupir je l'aurais défendu; Votre époux dans mon sang aurait éteint sa rage- Mais vos barbares soins renversent mon ouvrage : Eh bien ! pour vous punir je vous obéirai , Madame ; et c'est à vous que je le livrerai. Vous seule de sa mort recueillerez la honte ; Du sang de l'exilé vous seule rendrez compte ; Vous seule avez proscrit ses jours infortunés , Et, s'il périt, c'est vous, vous qui l'assassinez. Il va dans un instant paraître à votre vue.