‹ uvres complètes de Millevoye (volume 2)Chapitre 158 sur 188 · ACTE m, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE VI

Eu dépit du destin je serai Siarra.

Les bourreaux , où sont-ils? Je cours .. ■

Qu'allez-vous faire?

Ce peuple à l'échafaud pe,ut encor me soustraire : Mais fallût-il périr privé de son secours , Laissez ma mort payer larançon de vos jours.

SIARRA.

Je n'accepterai point ce sanglant sacrifice ; Non. Que sur moi plutôt leur rage s'assouvisse! A Pise , à votre fils vos jours sont précieux : Mais moi, proscrit, errant, sans amis sous les cieux, Traînant dans l'univers ma misère profonde , Ai-je encor quelques biens à regretter au' monde? Ma jeunesse a vieilli sous le faix du malheur , Et la mort n'es tpour moi qu'un terme à la douleur. Généreux Ugolin, et toi, sœur adorée, Ne me retenez plus; la hache est préparée.

■i-jô UGOUN.

Puisqu'un arrêt fatal m'arrache de vos bras, Donnez-moi quelques pleurs, et ne m'oubliez pas. Avant que pour jamais la tombe nous rassemble, De moi, de mes revers vous parlerez ensemble. Peut-être de ma cendre un vengeur sortira!... Pour la dernière fois embrassez Siarra.

CORALI.

Arrête! entends la voix d'une sœur qui t'implore. Ne t'ai-je retrouvé que pour te perdre encore ? A la nuit de la tombe es-tu donc échappé Pour périr sous mes yeux, indignement frappé? A ce spectacle affreux je serais condamnée! N'était-ce point assez des larmes d'une année? Et du frère que j'aime, impitoyable sort! Une seconde fois faut-il pleurer la mort?

SIARRA.

Aux dépensde l'honneur malheur à qui peut vivre ! C'en est trop: il est temps qu'an glaive je me livre-

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