ACTE m, SCÈNE VI
Eu dépit du destin je serai Siarra.
Les bourreaux , où sont-ils? Je cours .. ■
Qu'allez-vous faire?
Ce peuple à l'échafaud pe,ut encor me soustraire : Mais fallût-il périr privé de son secours , Laissez ma mort payer larançon de vos jours.
SIARRA.
Je n'accepterai point ce sanglant sacrifice ; Non. Que sur moi plutôt leur rage s'assouvisse! A Pise , à votre fils vos jours sont précieux : Mais moi, proscrit, errant, sans amis sous les cieux, Traînant dans l'univers ma misère profonde , Ai-je encor quelques biens à regretter au' monde? Ma jeunesse a vieilli sous le faix du malheur , Et la mort n'es tpour moi qu'un terme à la douleur. Généreux Ugolin, et toi, sœur adorée, Ne me retenez plus; la hache est préparée.
■i-jô UGOUN.
Puisqu'un arrêt fatal m'arrache de vos bras, Donnez-moi quelques pleurs, et ne m'oubliez pas. Avant que pour jamais la tombe nous rassemble, De moi, de mes revers vous parlerez ensemble. Peut-être de ma cendre un vengeur sortira!... Pour la dernière fois embrassez Siarra.
CORALI.
Arrête! entends la voix d'une sœur qui t'implore. Ne t'ai-je retrouvé que pour te perdre encore ? A la nuit de la tombe es-tu donc échappé Pour périr sous mes yeux, indignement frappé? A ce spectacle affreux je serais condamnée! N'était-ce point assez des larmes d'une année? Et du frère que j'aime, impitoyable sort! Une seconde fois faut-il pleurer la mort?
SIARRA.
Aux dépensde l'honneur malheur à qui peut vivre ! C'en est trop: il est temps qu'an glaive je me livre-