SCÈNE VIL
UGOLIN, SIARRA.
SIARRA.
11 ne nous reste plus contre un lâche adversaire Qu'un unique parti, sanglant, mais nécessaire. J'ai devant Corali dévoré mes transports ; Mais l'extrême malheur veut d'extrêmes efforts. Nous possédons encore, en dépit de l'orage. Deux fidèles appuis : la haine et le courage. Unissons nos fureurs, frappons un coup hardi. Tant que nous respirons, malheur h Sismondi!
r ACTE m, SCÈNE VII. 279
L'heure qui va sonner sera sa dernière heure. Son palais, m'a-t-on dit, touche à cette demeure ; C'est là qu'il faut marcher. Je puis sous ces remparts Rassembler d'un signal quelques Guelfes épars. Qu'à vos nombreux amis leur troupe se rallie, Et d'un monstre odieux délivrons l'Italie.
Arrêtez, Siarra. Jugez mieux Ugolin. ,
SIARRA.
Eh quoi!...
Vous êtes Guelfe, et je suis Gibelin. • ' Un rempart éternel entre nous deux s'élève; Mon glaive ne doit point s'unir à votre glaive. Nous sommes ennemis : l'avez-vous oublié? Voti'e libérateur n'est pas votre allié. Irai-je aux vils affronts condamner ma mémoire.' Irais-jc, préférant mon salut à ma gloire,
28o UGOLIN.
Souillé du nom de traître et de conspirateur, Justifier la voix du calomniateur ?
Parmi nos citoyens faudra-t-il que l'on dise : « Le rigide Ugolin a conjuré dans Pise! » Je veux à Sismondi dérober ce bonheur : Disposez de ma vie, et laissez-moi l'honneur. On approche : rentrez.