ACTE IV, SCENE II
Prenez-le , il fume encor...
Cessez de m'outrager.
Au métier des bourreaux mes mains ne sont point faites, Siarra : ce n'est point sous ces voûtes muettes Qu'un père au désespoir vengera son malheur. Nous nous retrouverons aux champs de la valeur: Là , libre des serments , étrangers l'un à l'autre , Vous aurez tout mon sang ou j'aurai tout le vôtre. Nous nous retrouverons , peut-être dès demain. En attendant , adieu : voici votre chemin.
SIÀRRÂ.
Non, j'expire à vos pieds. *
Partez , mon fils l'ordonne.
Ce n'estpas moi, c'est lui, lui seul qid vous pardonne. Ce jeune infortuné, massacré sous vos coups, Frémissez ! en mourant il m'a prié pour vous.
SIARRA.
Pourmoi!..Tant devertu redouble encormon crime. Ah! que du moins j'expire, embrassant ma victime ! Cadavre ensanglanté ! ne me repousse pas.
Malheureux ! loin d'ici précipitez vos pas ,
Ou craignez qu'à ma voix la suprême colère
Ne vous condamne un jour au tourment d'être père!
SI AKRA.
Eh bien ! j'obéii-ai. Je pars , puisqu'il le faut ; Je pars, mais Ugolin me reverra bientôt.