ACTE IV, SCÈNE IL
TJGOLIW.
Qu'oses-tu proposer, barbare? Espères-tu Me ravir en un jour mon fils et ma vertu ?
siARRA, lui montrant le corps d'Eraldi.
Regardez, regardez ce qu'il faut que j'expie! Voyez , et vengez-vous.
UGOLl N.
Moi ! que d'un glaive impie J'ensanglante le toit de l'hospitalité ! Moi ! que par un forfait lâchement médité Je punisse l'erreur d'un crime involontaire ! Non. Forçant dans mon sein la nature à se taire , Je vous épargnerai malgré moi , malgré vous : Ouijles coups du malheur vous sauvent de mescoups. Partez. Ce souterrain, ténébreuse retraite. Prépare à votre fuite une route secrète. Mon unique vengeance est de vous secourir : Eloignez- vous; vivez, et moi je vais mourir.
SIAR RA.
Je ne l'accepte point cette offre généreuse : C'est la mort que je veux , et je la veux affreuse. J'ai payé vos bienfaits par une iniquité.
UGOLIW.
La faute est moins à vous qu'à la fatalité ;
A ce noir attentat votre ame est étrangère ,
Vous ignoriez quel sang versait votre colère ,
Je le sais : mais aussi, dans mon ardent transport,
Je sais que je suis père et que mon fils est mort.
Songez qu'un seul regard sur cet objet funeste
Suffit pour égarer la raison qui me reste.
Fuyez donc , échappez à ma juste fureur ,
Et de vous ressembler épargnez-moi l'horreur.
SIARRA.
Pointde pardon: lamortîMes crisvous lademandent. Sauvez-moi par pitié des forfaits qui m'attendent. Vengez un fils : ce fer qui vient de l'égorger ,