‹ uvres complètes de Millevoye (volume 2)Chapitre 175 sur 188 · ACTE IV, SCÈNE VI. 3o · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VI. 3o

CORALI.

Son nom n'est que trop illustré, Seigneur ; par sa naissance il est pour nous sacré. Ne m'interrogez plus.

SISMONDI

En nommant ce rebelle, Craignez-vous de déplaire à son ami fidèle ?

Moi, son ami! Pisans,je vous invoque tous. Approchez , regardez ce corps percé de coups.

CORALI.

Ciel ! son fils !

Répondez. Quand le Guelfe lui-même

Vient d'égorger mon fils , se peut-il que je l'aime ?

Eh ! depuis quand voil-ou les pères égarés

Embrasser les bourreaux de leurs fils massacrés?

CORALI, h part.

Malheureux Siarra ! ta perte est trop certaine.

3o6 UGOLIN.

Ce fatal étranger ne craint plus votre haine. Du fils qu'il m'a ravi les mânes en courroux Demandaient tout son sang...

CORALI, épouvantée.

Qu'entends-je ?

UQOLIN.

Calmez-vous, Madame ; il est parti , j'ai protégé sa fuite , Et de ses assassins il trompe la poursuite.

CORALI.

O vengeance héroïque! ô vertueux effort! Et de votre pitié le prix serait la mort! Pise! souffriras-tu que l'innocent périsse? Verras-tu dans ton sein triompher l'injustice ? N'cst-il que des ingrats parmi tes citoyens ? Il défendit leurs jours : proscriront-ils les siens ? Soldats! souffrirez-vous qu'il expire sans gloire

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