ACTE IV, SCENE VI. Soy
Celui dont la présence enchaînait la victoire ? Magistrats ! niourra-t-il sans l'avoir mérité Celui dont près de vous siégea l'intégrité ? Et vous, de qui ses soins prévenaient les alarmes , Indigents ! orphelins ! faites parler vos larmes ; Révélez ses bienfaits, réclamez votre appui: C'est supplier pour vous qu'intercéder pour lui.
( A Sismondi. ) •
Pour la dernière fois ma bouche vous implore ; Cédez à ma prière : il en est temps encore. Ma vie est en vos mains , seigneur ; songez-y bien : Son sort sera mon sort , son arrêt est le mien. Jusque sur l'échafaud je suis prête à le suivre; A l'honneur d'un époux je ne veux pas survivre. Faut-il aux yeux de Pise embrasser vos genoux ? Eh bien...
Vous à ses pieds , madame ! Ah ! levez-vous.
3o8 UGOLIN.
J'aime mieux endurer ma triste destinée, Que de vous voir pour moi devant lui prosternée. Que maudit soit le jour où l'autel vous unit ! Mais le ciel tôt ou tard récompense et punit. Tu n'éviteras point la vengeance suprême : Le châtiment du crime est le crime lui-même. Tremble que le remords , invisible bourreau , De tourments en tourments ne te traîne au tombeau ; Tremble que Pise, enfin, consolant l'innocence, A mes mânes plaintifs n'immole ta puissance. Et, juste en sa fureur, ne venge dans ton flanc Le meurtre par le meurtre et le sang par le sang. Barbare! en attendant que ton sort s'accomplisse,
{^Montrant CoraU.) L'aspect de ses vertus suffit à ton supplice. Que dis-je ? un coup plus sûr s'apprête à me venger. Tu brûlais de savoir le nom de l'étranger; Avant que de périr je veux bien le l'apprendre : Siarrai