‹ uvres complètes de Millevoye (volume 2)Chapitre 23 sur 188 · ACTE II, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III

C ALLIRRHOÉ.

Pour VOUS est l'espérance, et pour moi la douleur. Je me résigne aux maux où je suis condamnée ; Mais , seigneur , la victime à vos pieds amenée Tremble moins à l'aspect du couteau suspendu. De sacrificateur* le nom vous est bien dû ; Je n'en puis plus douter. Un amant noble et tendre Mériterait mon choix, saurait du moins l'attendre; On ne le verrait pas, me vendant son appui,

Se payer d'un bienfait en m'enchaînant à lui.

Qui peut tout, rarement sait borner sa puissance.

Je n'exige qu'un prix de mon obéissance ;

C'est qu'un père au trépas arraché dès demain ,

De sa fille, à l'autel, vous présente la main.

L'ai-je bien entendu ? Quel espoir plein de charmes Succède tout à coup à mes longues alarmes ! Dieux plus doux ! tant de maux vous ont-ils apaisés ?

/,8 CORÉSUS.

CALLIRRHOÉ.

Prince, n'insultez pas à ceux que vous causez; Quand la fatalité sur mon front se déploie, Daignez à mes chagrins épargner votre joie.

CORÉSUS.

Vos chagrins vont finir. Oui, madame : ce soir Je reprendrai pour vous le thyrse et l'encensoir; Les marches de l'autel , trop long-temps négligées , Disparaîtront aux yeux , de victimes chargées ; Et l'oiseau vigilant, avant-coureur des jours, D'EscuIape invoqué m'assurant le secours, Immolé , par mes mains , au sein du sanctuaire , Sauvera le vieillard qui doit être mon père. '

CALLIRRaOÉ.

Ah ! s'il était trop tard ! Hâtez-vous ; je frémis.

CORÉSUS.

D'Epidaure à nos vœux les secrets sont promis. Trois Persans, arrivés des lieux où naît l'Aurore,

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