ACTE II, SCEISE IV
CORÉSUS.-
A mon égarement je ne résiste plus.
De son sang adoré ma main serait rougie ! O dieu ! terrible dieu de l'effroyable orgie ! De ta coupe , où la treille épanche ses trésors , Une lèvre infernale a donc touché les bords! Ta divine raison se change en noir délire. Retiens , il en est temps , la rage qui m'inspire ; Ou crains que, sous tes yeux, ton sacrificateur. En l'espace d'un jour deux fois profanateur , N'arme son désespoir des feux du sanctuaire... Il me manque en effet le nom d'incendiaire.
ARC AMÈNE
Arrête , Corésus , et me laisse achever.
Qu'un rejeton des rois meure pour vous sauver.
Madame : le destin l'accepte à votre place.
cALLiRRHOÉ, à part.
Je tremble qu'Agénor... Ah! Corésus, de grâce, Frappez.
CORÉSUS.
Au coup mortel j'irai plutôt m'offrir.
CALLIRRHOïî.
Non. Je crois déjà voir Agénor accourir... L'arrêt est prononcé, que l'arrêt s'accomplisse, Et qu'on ne vienne point usurper mon supplice !
CORÉSUS.
Toujours cet Agénor ! détrompez-vous enfin , Madame ; cette fois , vous l'attendez en vain.
CALLIRRHOÉ.
Il n'est donc plus !
CORÉSUS.
Au monstre il est sans doute en proie.
CALLIRRHOÉ.
J'ai dû le pressentir à votre horrible joie. Mes compagnes , venez , et soutenez mes pas. Au malheur d'Agénor je ne survivrai pas : ly'importe! du combat pénétrons le mystère. Et qu'une fois encor j'embrasse mon vieux père.