ACTE II, SCENE VI
Aujourd'hui se dispose une plus triste fête ^
Il est une autre offrande... Ordonnez,'elle est prête :
J'attends la mort.
CO&ÉSUS.
Qui? vous, seigneur!
AGÉNOR
J'ai tout appris.
Je connais la victime , et je sais à quel prix L'oracle interrogé du trépas la délivre. Pour elle, dès long-temps, j'avais juré de vivre ; Pour elle aussi je meurs. De nos débats cruels, Corésus, oublions les excès mutuels; Du sang qui nous imit resserrons l'alliance. Reprenez de mon cœur l'entière confiance. Cessez de me haïr : dans la nuit des tombeaux , Comme il n'est plus d'espoir, il n'est plus de rivaux. Trop heureux Corésus ! la céleste vengeance Avec vos intérêts semble d'intelligence r
64 CORESUS.
Vous pourrez à loisir sanctifier vos coups , Immoler Agénor sans paraître jaloux ; Et sauvant du soupçon votre vertu rigide , L'ordre des immortels vous servira d'égide.
CORKSUS.
Oui, prince, j'ai souvent souhaité votre mort. On m'aurait vu peut-être, en un jaloux transport, Acheter votre sang , pour assouvir ma rage. Mais , lorsque vous venez, sans plainte , sans outrage , Vous offrir de vous-même , au couteau préparé... Malheureux plus que vous , plus que vous égaré , Je tremble malgré moi , je détourne la vue ; Je voudrais que du ciel la clémence imprévue Délivrât tout ensemble et la princesse et vous , Et n'accablât que moi du funeste courroux.
AGÉNOR
Vous régnez dans un temple où Bacchus vous protège.