ACTE I, SCENE II. i
Et tout à l'heure même, après un court sommeil, J'ai vu des traits de sang sur le front du soleil.
ARCAMÈNE.
Ces traits de sang,cette ombre aux noirs enfers guidée, S'offrent comme un vain songe à ton arae obsédée ; Par la réalité le prestige est détruit : Le monarque est vivant ; et le jour qui nous luit, Amènera, sans doute, un changement prospère.
CORÉSUS.
Arcamène, dis-moi, m'aimes-tu?
ARCAMÈNE.
Plus qu'un frère.
CORÉSUS.
Tu vois ces ornements , ces voiles , ces bandeaux : Ils ne sont plus pour moi que d'impoçtuns fardeaux. Songe à m'en affranchir.
ARCAMÈNE.
Quoi!...
i6 CORÉSUS.
CORÉSUS.
Je n'en suis plus digne, Et pour me succéder, c'est toi que jç désigne.
ARCAMKNE.
De faiblesse et d'erreur nul ne peut t'accuser.
CO RKSUS.
oh ! ne me force pas à te désabuser.
ARCAMKNE.
Qu'entends-je ? Qu'as-tu dit?
CORÉSUS.
Ce qu'en vain je veux taire.
Opprobre de ma vie, exécrable mystère, Ne peux-tu demeurer entre les dieux et moi?
ARC AMÈNE
Parle : de ton ami , soupçonnes-tu la foi ? Ce silence...
CORÉSUS.
Est cruel autant que légitime.