‹ uvres complètes de Millevoye (volume 2)Chapitre 42 sur 188 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

CORÉS.US, ARCAMÈNE.

î- ARCAMÈNE.

Eh bien , cher Corésus ! apaisé par nos vœux , Bacchus nous promet-il un changement heureux ?

coRÉsns.

Il se peut :^mais de toi je réclame une grâce , Arcamène : à l'autel prends aujourd'hui ma place ; Ceins mes bandeaux , saisis ce sceptre révéré , Et qu'à l'instant ta main s'arme du fer sacré.

AS.GAMÈNE.

La tienne, cependant, pourrait frapper sans crainte. Un autre sang, dit-on, doit rougir cette enceinte.

CORÉSUS.

Je le sais.

ARC AMÈNE

Cet enfant', fruit d'un amour secret ,

84 CORÉSUS.

Comme il vit sans bonheur, périra sans regret.

"CORÉSUS.

S'il est ainsi , d'où vient que ton ame obstinée , Refusant d'accomplir sa haute destinée , Dédaigne encore un rang qui rapproche des dieux , Et qui ferait envie aux moins ambitieux ?

ARCAMÈNE.

Ton ministère auguste est à toi sans partage. Mon cœur n'est point jaloux d'un si bel héritage ; Il t'est bien dû , ce jour t'en assure les droits.

CORÉSUS. *

Ami , tu l'obtiendras plus tôt que tu ne crois.

ARCAMÈNE.

Sois digne , tout entier , du devoir qui t'enchaîne. Redeviens Corésus.

Je le suis, Arcamène.

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