ACTE III, SCÈNE III. 8i
CALLIRRHOÉ.
Nous allons accomplir nos diverses fortunes. Envié si long-temps à nos douleurs communes , Titre charmant d'époux, tu nous manquais encor. Nom de Callirrhoé ! nom plus doux d'Agénor ! Si l'hymen, si Bacchus, dieu du joyeux délire, Ne vous entendent pas éclater sur la lyre, Quelques larmes un jour baigneront nos tombeaux; L'autel sera pour nous sans pompe, sans flambeaux; Nous n'avons pas besoin de ces honneurs frivoles. Prêtre saint ! de l'hymen prononcez les paroles.
ARC A MÈNE
Au grand-prêtre appartient le droit de vous unir : Un seul me reste encor, celui de vous bénir. Divin consolateur, dieu des vignes pourprées! Veux-tu qu'un couple aimable, amour de nos contrées. Si jeune , sous tes yeux , tombe pâle et flétri , Comme la jeime treille et le pampre fleuri ?
8a CORÉSUS.
Permets que ces amants, délivrés sans obstacle, Se dérobent sans crime.aux rigueurs de l'oracle.
( à part. ) Non, vous ne mourrez point , trop généreux époux ! Je saurai, s'il le faut, vous sauver malgré vous.