‹ uvres complètes de Millevoye (volume 2)Chapitre 82 sur 188 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

PROCIDA, ADIMAR, ERNANCE.

ERNANCE.

C'est moi, soldats, c'est moi qu'il faut punir; Moi seule en ce palais j'ai voulu retenir

i54 CONRADIN.

Le malheureux banni, source de nos misères.

ADIMAR.

Je vous prends à témoin de ses aveux sincères, Soldats , vous l'entendez.

ERNANCE.

Qu'ai-je fait? Qu'ai-je dit ?

En croyant vous servir ma bouche vous trahit. Mon père, mon époux , je perds tout ce que j'aime... Mais je saurai tous deux vous venger sur moi-même.

PROC I DA

Tu n'as que d'un instant prévenu mon dessein ; J'étais las de porter ce secret dans mon sein. Oui. J'ai du malheureux assuré la retraite; J'ai prodigué mes soins pour sa fuite secrète ; Il est parti. Tu vois que j'ai pu t'affronter ; Tu vois qu'à tes efforts quand j'osais résister , Je n'étais animé que du ferme courage Qui réprime l'audace et repousse l'outrage.

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