ACTE IV, SCENE VIL t
c H A H t E s , aux gardes.
Enchaînez à l'instant ce sujet téméraire.
PROCIDA
O prince infortuné !
Ne plaignez pas mon sort :
En lui laissant le jour, j'ai mérité la mort.
(^jiux magistrats du peuple, en leur présentant Procida.)
Intègres magistrats ! vous défendrez sa vie ; C'est à vous en mourant que mon cœur le confie j C'est à vous de veiller sur ce dépôt sacré.
CHARLES
De toi seul il suffit que je s5xs délivré ; Qu'il vive.
Je te laisse à mon heure dernière Des ennemis puissants... De ma haine héritière >
La Sicile de loin prépare ton cercueil. Du malheureux Mainfroi déjà la fille en deuil, D'un père sans tombeau vengeant l'ombre exilée , S'apprête à te ravir ta couronne ébranlée. Tremble ! je vois sur toi tous les maux réunis. Les {généreux Français, de tes crimes punis, Baigneront de leur sang les murs de la Sicile : Contre l'affreux poignard sans secours, sans asyle. En même temps frappés , ils maudiront tes jours, Et les vœux des mourants s'accomplissent toujours. Triste, vieux avant l'âge, importun à toi-même, Et le front surchargé du poids d'un diadème , Tu gémiras de vivre et tu mourras long-temps. Le remords te suivra. De tes derniers instants Tes victimes viendront redoubler les supplices : Tu bâtiras en vain de pieux édifices ; Et les autels sans nombre, à leur gloire érigés ^ Ne désarmeront pas leurs mânes outragés.