SCÈNE VIII
CHARLES, PROCIDA, ERNANCE, UN officier, gardes, soldats, etc.
l'officier.
Ah! seigneur, arrêtez.
Craignez nos citoyens en foule révoltés. Une bouche parjure a trahi votre cause; Contre le jugement l'un des juges dépose. Il semble heureux et fier de s'être récusé, Et déclare innocent Con radin accusé.
Contre toutes les voix levant sa voix unique , Il réprouve un arrêt qu'il nomnae injuste, inique ;
i8o CONRADIN.
De la rébellion aveugle zélateur, Le peuple rend hommage au prévaricateur, Dont la perfide adresse au joug de sa parole Enchaîne les esprits d'un vulgaire frivole. L'erreur au loin circule. On dit que Conradin S'est montré dans nos murs, les a quittés soudain , Et qu'avant peu d'instants il y doit reparaître.
CHAKLES.
De Charles ou de lui voyons quel est le maître. Quels que^soient les dangers, marchons au premier rang Ce jour, puisqu'il le faut, ce jour verra du sang. Je laisse en mon palais mes soldats et les vôtres. Le zèle d'Adimar en a rassemblé d'autres.
[Montrant Conradin,) Soldats, veillez sur lui. Vous m'en répondez tous.