‹ uvres complètes de Millevoye (volume 3)Chapitre 3 sur 16 · I. Je ne puis me refuser au plaisir d'appuyer · texte numérisé non relu

I. Je ne puis me refuser au plaisir d'appuyer

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Sa phrase poétique est nette , ses tours n'ont rien de forcé, ses inversions rien

ce dernier éloge , du passage suivant tiré du Voyageur, que j'ai entendu citer avec enthousiasme par M. Victorin Fabre , et qui est sans contredit un des beaux morceaux de la langue.

L'Angleterre avait dit : « Quel mortel le premier

« Entre deux Océans se frayant un sentier ,

« Osera soulever cette barrière antique

« Qui repousse du oord les flots dé l'Atlantique ? »

Tsut se tait.... Cook, lui seul, sent son cœur palpiter.

Il se lève : « C'est moi qui l'oserai tenter.

« Des vaisseaux , et je pars, » L'astre du jour à peine

Blanchit le sombre azur de la profonde plaine ,

Qne déjà le héros , debout sur les rochers ,

Accuse impatient la lenteur des nochers.

Il part. Les jours ont fui ; Cook a revu les îles

Dont il fertilisa les rivages stériles.

Ce» lieux à son aspect semblent se réjouir, etc.

J'ai parlé du tendre souvenir qne M. Victorin

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(le brusque. A cette parfaite intelligence de l'art, il joint une sensibilité vive,

Fabre conserve à Millevoye , et de l'intérêt qu'il prend à sa gloire. Voici quelques fragments d'une lettre qu'il m'a fait l'honneur de m'adrcsser , et qui a été écrite au courant de la plume. Il y a peu d'exemples d'un hommage plus pur , d'une admiration plus vraie, d'un plus noble et plus touchant abandon. C'est ainsi qu'il est beau de cultiver les lettres : « Je n'avais point « encore vu imprimé le dernier de ses poèmes, « Alfred, lorsqu'étant à Nismes, en 1818, j'al- « lai le demander au libraire. A l'ouverture du « livre je tombai par hasard sur une note où le « premier mot qui s'offrit à mon œil fut mon « nom. Je voulus en vain cacher l'émotion qui « s'emparait de moi. Il m'avait semblé l'entendre « m'adresser le dernier adieu que je n'avais pu « recueillir de sa bouche. Cette triste illusion se

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beaucoup de grâce et d'abandon. Quelle mère a lu sans émotion ce poëme en-

« reproduisit, par intervalles, à la lecture du «poème: comme je l'avais entendu en i8i3, « et deux fois encore l'année suivante , les sons « de sa voix , les inflexions qu'il avait données « à ses vers, me revenaient à l'oreille en les li- « sant. Je voulus voir comment sa perte , si « grande pour la littérature actuelle , avait été « annoncée. Je trouvai dans quelques journaux, «non pas de la malveillance, c'eût été trop ■ odieux , mais , au contraire , ime bienveillance « qui me fit de la peine. Négligeant comme « d'heureux essais les discours en vers dont quel- « ques-uns sont au nombre des ouvrages remar- « qiiables de la langue; méconnaissant, ou, ce « qui est bien pis , rapetissant le mérite parfois « éminent des poèmes , où se rencontrent des dé- « tails pleins de charme, ce qui veut dire admi-

chanteur, ouvrage de sa première jeunesse, qui offre un tableau si animé

« râbles , faits pour enchanter les oreilles et les « imaginations délicates , on s'arrêtait de pré- « férence sur cette partie de ses œuvres qu'il a « donnée sous le titre de huitains et dixains... « Il me parut qu'avec les meilleures intentions « du monde , on en faisait un poète à la façon « de gentil Bernard , qui , parmi tant de vers « bien faits , n'a pas dix vers d'un poète. Il faut <.<. sans doute attacher une bien légère Impor- « tance à ces arrêts de chaque jour que l'oubli « infirme le lendemain. Mais, dès les premiers « succès de Millevoye , il y a eu , même chez de « bons esprits , je ne sais quelle disposition à « louer, dans son talent, des agréments plus vul- « gaires , aux dépens de ce qu'il y avait dans ce » beau , aimable et noble talent , de véritable « grandeur et de grâces ; de ces grâces distin-

des inquiétudes et des délices de l'amour maternel? Faut-il s'étonner de voir sa muse triompher dans l'élégie ?

TibuUe, Properce, Parny, modèles du genre; Bertin, leur vif et brillant émule, sont les peintres éloquents d'une passion unique qui a rempli leur vie entière. Il rend seul, avec un charme inexprimable , tous les nobles mouvements du cœur , ses plus saintes affections; tout ce qu'il renferme de plus délicat, de plus tendre et de plus touchant. Vauvenargues, après avoir loué l'épître aux mânes de Génonville, et celle sur la mort de mademoiselle Le-

« guées qui sont encore, dans l'art d'écrire, des « grandeurs, etc., etc. »

couvreur, par Voltaire, ajoute : « J'este time mieux deux petites pièces faites « de génie comme celles-ci , et qui ne ce respirent que la passion, que beau- « coup d'assez longs poèmes. » J'en dis autant de la Chute des feuilles , du Bois détruit, du Poète mourant, morceaux achevés, empreints d'une mélancolie douce à la fois et profonde.

Le dernier livre de ses Elégies est consacré à l'élégie antique. C'est le combat d'Hésiode et d' Homère ; Dauaé ; Homère mendiant; les adieux d'Hélène.

Le choix des sujets annonce le ton et la couleur des vers. Comme les fragments du malheureux André Chénier, si vivement caractérisés par une plume célèbre , ils semblent être échappés à

un poète grec , tant ils sont pleins du goût de l'antiquité.

Jamais la poésie de Millevoye ne s'est élevée aussi haut, jamais elle n'a été aussi souple, aussi variée, que dans la traduction de quelques chants de X Iliade. Cette poésie, si tendre, a vainement essayé de reproduire la douceur des Églogues de Virgile. Rien ne lui échappe dans Homère, ni la grâce, ni la force. Ferme et hardie , touchante et mélodieuse , elle se prête à la fierté et aux emportements d'Achille , comme à la douleur et aux supplications de Priam. Ces précieuses ébauches, qui attendaient un second travail, ces études sur un grand modèle , pour parler le langage de l'auteur, donnaient l'espé-

rance, hélas! si cruellement trompée, de voir enfin ce génie simple et sublime trouver parmi nous un digne interprète.

Le premier chant , dont il n'avait publié qu'un fragment, est imprimé en entier dans cette édition, ainsi que le troisième, qui est totalement nouveau.

Il règne beaucoup de variété et d'intérêt dans les autres morceaux inédits qu'elle renferme. Quelques nouvelles élégies, un discours sur ce genre de composition, la tragédie de Coi-ésus, celles de Conradîn, d'Ugolin, un chant et un épisode considérable d'un poème en douze chants, dont Clovis est le héros, une imitation en vers des dialogues des morts de Lucien, six dia-

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logiies des morts de son invention , voilà ce qui compose ce legs sacré. Le lecteur doit le recueillir avec un religieux attendrissement. L'infortuné que la mort a interrompu au milieu de ses nobles travaux, est absous des traces de faiblesse ou de négligence que l'œil du critique pourrait apercevoir dans des ouvrages restés imparfaits ^

J'ai omis de parler d'un petit nombre d'épigrammes, agréablement tournées, mais dont le sel n'a rien d'acre et de

I. Quelle douloureuse application de ce passage de la mort de Rotrou !

Tant de travaux henreux qu'espérait l'avenir. Tant d'écrits imparfaits , d'esquisses animées , Qu'en snhlimcs tableaux le temps eût transformées.

mordant. La légère malice du poète ne dément point le témoignage qu'il s'est rendu à lui-même dans les, vers suivants :

Je n'ai point, profanant l'art divin du poète,

Des Aretins du jour emprunté la palette ;

De mes tableaux jamais l'impure nudité

Ne peut effaroucher l'innocente beauté;

Jamais surtout mon vers, qu'aucun fiel n'envenime ,

N'immole un honnètehommeaabesoin de la rime.

Je hais le satirique et son rire moqueur;

Il brille par l'esprit, mais aux dépens du cœur.

Il doit à cette pudeur de langage et à cette bonté de cœur ce que ses ouvrages ont de plus aimable et de plus attachant. Passionné pour la gloire, mais supérieur à l'envie, il louait ses émules avec joie. Tous ses sentiments

étaient purs , toutes ses inclinations généreuses. Élevé dans le sein des orages et des tempêtes, entouré d'hommes inquiets et turbulents, il est resté comme étranger aux idées subversives de la révolution. La liberté , objet de ses vœux, était la compagne du repos et des muses; il demandait, comme Delille, qu'on le laissât

Rêver au bruit des eaux , de la lyre et des vers.

L'éclat d'une fortune extraordinaire , les pompes de la victoire ont pu l'éblouir; il a pu célébrer dans son aveuglement le destructeur de tout repos et de toute liberté; mais il a conservé je ne sais quoi de digne dans la louange, et, le voile de l'illusion tombé, lorsque

Ao NOTICE

le pouvoir l'a invité à de nouveaux chants, il s'est honoré par un refus ^. D'une extrême vivacité de caractère , et, en même temps, d'une extrême douceur, il avait des saillies d'impatience et d'humeur dont il se hâtait d'effacer l'impression par ses caresses, lorsqu'il craignait d'avoir offensé. Les plus légers services le trouvaient reconnaissant, et son respect pour les cheveux blancs rappelait les beaux

I. Au commencement de la dernière campagne de Russie, écrit un de ses amis intimes, il reçut devant moi une lettre par laquelle on l'invitait à célébrer cette téméraire expédition : « Non , dit-il ; je n'ai que trop chanté cet homme, que je connaissais si peu ! » L'ouvrage commandé ne fut point fait.

exemples de l'antiquité. Un trait de sa première jeunesse peut donner une idée de son dévouement à ses amis.

L'un d'eux, dans un besoin urgent, n'hésite pas de recourir à sa bourse; elle était vide : une bibliothèque d'une centaine de volumes composait tout son trésor; il court emprunter sur ce gage, lutte long-temps pour le faire accepter, triomphe, obtient quelque argent, et revient, l'œil étinceknt de joie, répondre à la confiance de son ami. J'ai parlé de son trouble momentané pour des causes légères ; des revers graves , la perte d'une partie de sa fortune, celle d'une pension de six mille francs , l'ont frappé sans l'émouvoir.

Quoique de mœurs simples, il aimait

l'élégance, un certain luxe, et, par un singulier contraste, il n'attachait aucun prix à l'argent, il le voyait fuir, lui manquer, avec l'insouciance du bon I.a Fontaine. Jamais le soin de ses affaires n'a pu ralentir un instant son ardeur pour le travail, ou lui dérober une heure de sommeil.

La vie dissipée , les amusements d'un monde où sa réputation, moins encore que l'aménité de ses mœurs et l'agrément de son commerce, le faisait rechercher , prenaient davantage sur son temps et sur son repos; ils nuisaient à sa santé même. Il eut la sagesse de rompre le talisman et de s'éloigner de la nouvelle Athènes , pour aller chercher le cahDe et la méditation aux

lieux chers à son enfance, où l'appelait la voix maternelle , et que peuplaient de si doux souvenirs. C'est alors que, livré tout entier à Tétude, il a puisé incessamment aux sources intarissables du vrai, et du beau; qu'à l'exemple d'Horace, de Boileau, de Delille , il s'est réfugié souvent dans des retraites champêtres pour relire ces anciens d'une si admirable, d'une si riche simplicité, dont le génie est de tous les âges, et tlont les grâces ne sauraient vieillir.

Heureux de la présence de sa mère -,

I. Je ne fais guère que transcrire ici les expressions mêmes de Millevoyc, clans la lettre qu'il m'écrivit à l'époque de son mariage. « Je

heureux de son loisir, de son indépendance, de ses travaux, de ses projets, il voulut mettre le comble à sa félicité en se donnant une compagne selon son cœur. Il épousa, en 1 8 1 3 , mademoiselle Delastre de la Molière; douce union.

« possède la vraie fortune : des loisirs, de l'in- « dépendance , une excellente mère , une femme « aimable et sensible et un parfait ami. Hoc erat Il in votis. » J'avais reçu précédemment une atitre lettre où sa tendresse filiale se peint d'une manière admirable : « Ma mère jouit d'une santé « excellente qui semble s'affermir avec l'âge ; h mais cet âge qui s'avance m'avertit de ne rien « perdre des délais qu'il accorde. Mes parents «vivront plus long-temps pour moi, si je les « quitte moins ; or, le temps que je leur donne « est tout à mon profit. «

que le ciel semblait bénir, et qui devait durer si peu!

Il n'avait encore considéré l'avenir que comme poète, au milieu des illusions de l'espérance et des rêves de la gloire; il commença à l'envisager d'un œil inquiet, devenu époux et père.

Une impression de tristesse se mêlait à sa joie. Hélas ! il formait de vastes plans d'éducation pour son fils au berceau, et déjà il s'inclinait vers la tombe. L'état douloureux de sa poitrine , des atteintes invétérées, prenaient de jour en jour un caractère plus alarmant.

Les soins les plus tendres lui étaient vainement prodigués; il sentait ses forces s'affaiblir; son ame seule restait active. Il opposait aux souffrances et

au tlépérissement du corps l'exercice continuel de la pensée. Son imagination , qui avait perdu sa fraîcheur , semblait en se décolorant devenir plus féconde. Renfermé, durant six mois, pour triompher plus aisément du mal qui le consumait, il ne laissa pas s'écouler un jour sans sacrifier aux muses. Il fit éclater la même ardeur dans son dernier voyage à Paris. A Neuilly, où il séjourna environ six semaines, il ne cessa de revoir ses ouvrages , et de tirer de sa lyre quelques nouveaux sons.

C'est là que, huit jours avant de mourir, il composa d'une haleine et transcrivit, pour ainsi dire, d'un trait de plume, la romance : Priez pour moi.

En la lisant à sa malheureuse amie qui

fondait en larmes, il cachait sa profonde émotion et s'efforçait de la consoler. Jamais la douleur , le courage et . l'affection n'ont parlé un langage plus éloquent. Le désir de s'environner des secours de l'art, une vague espérance le ramenait à Paris, mais tout à coup ses forces l'abandonnèrent. Il fut contraint de s'arrêter aux Champs-Elysées %

1. Il descendit d'abord chez son ancien professeur, M. Bardoux, qui, par un touchant concoui'S de circonstances, a encouragé le premier sa muse naissante, et qui, en transcrivant sous sa dictée ses vers sur la fête dxi Roi, a recueilli le chant du cygne. Il y passa la nuit; et le lendemain matin , pendant qu'on lui cherchait un logement, il prit son portefeuille et travailla. Depuis quelque temps, ce portefeuille ne le

OÙ il fallut lui chercher un asyle précaire , un dernier asyle , dont il fit encore, dans son extrême abattement, le séjour de l'étude et du travail. L'image de la prospérité venait s'offrir à ses yeux couverts des ombres de la mort. « Si j'avais seulement douze ans « à vivre , disait - il , j'ai de si grands « projets d'ouvrages M » Et un instant

quittait plus; en voiture, il le plaçait toujours à ses côtés, et, à peine arrivé dans un endroit quelconque, il s'y installait et travaillait avec autant de facilité que dans son cabinet. Conduit à son nouveau local , il continua d'écrire. A son passage à Paris , il avait mis ses papiers en ordre et en avait brûlé une grande quantité.

I. Indépendamment du poème de Clovis , dont cette édition renferme des fragments, il

après : «Ma pauvre femme ! que feras-tu « après moi? Si je croyais être près du « terme, j'écrirais au Roi pour le sup- « plier de te continuer ma pension, et je « prendrais des arrangements avec un « libraire pour une nouvelle édition de « mes œuvres. » Paroles simples et touchantes, que le cœur paternel du Roi n'a pas eu besoin d'entendre pour exau-

avail conçu l'idée de deux autres poèmes , l'un sur la Captivité de Saint-Louis et l'autre sur Moïse. Le plan du dernier , au sujet duquel il avait fait de nombreux extraits de la Bible et rassemblé beaucoup de matériaux , existe , mais ses amis savent qu'il s'en était long- temps occupé, et que c'était principalement à ce poème et à la traduction d'Homère qu'il devait consacrer son beau talent.

5o NOTICE

cer le vœu qu'elles renferment. La voix mourante du poète a célébré la fête du monarque ; et son dernier chant ^ , comme le premier , a salué la race magnanime de saint Louis.

Le poète chantait : quand sa lyre fidèle S'échappa tout à coup de sa débile main.

Sa lampe mourut, et comme elle

Il s'éteignit le lendemain.

( Le poète mourant. )

Il a succombé le 12 août 1816, dans sa trente-quatrième année. La veille, il tenait encore la plume ; après un travail de deux heures , il demanda mi

1. Les vers intitulés la Fête des martyrs onL été faits le 9 août 1816, c'est-à-dire trois jours avant sa nioit.

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volume de Fénélon , qu'il ne cessa de lire, comme pour exhaler son dernier souffle à la douce voix de l'éloquence et au sein même de la vertu.

Perte cruelle! de nombreux amis, des hommes de lettres distingués ont suivi son convoi, le deuil au fond du cœur. Arrivés au lieu de sa sépulture, nulle voix ne s'est fait entendre , nul adieu ne lui a été adressé. J'aurais essayé vainement de prononcer quelques paroles ; aujourd'hui même , après un laps de six années, ce n'est pas sans une émotion vive , ô mon jeime ami !

que je paie à ton souvenir le tribut qui a manqué à ta cendre. Où retrouver la franchise , la loyauté de ton caractère , cet attachement si pur et si vrai ,

qui, dans notre douce intimité, effaçait à tes yeux et aux miens l'intervalle de l'âge? Puissent mes regrets éternels pénétrer jusqu'à toi! Je pleure moins encore ton heureux génie que ta belle ame. Ah! que ton fils te ressemble un jour! qu'il embrasse ton image , l'image de tes moeurs , et qu'il console ta veuve inconsolable.

J. Dumas.

CHARLEMAGNE

A PAVIE

POEME EN SIX chants: '

«e««»»««ti»«

JLes éloges accordés presque uniquement au style de cet ouvrage m'ont fait regretter un peu tard qu'un soin plus sévère n'eût pas présidé à sa composition générale. Dans un nouveau travail, j-'ai fait droit à toutes les critiques.

Avoir corrigé des défauts, est-ce assez? Non, sans doute, pour qui se proposerait la perfection réelle. Je n'ai pas l'orgueil d'y prétendre : heureux si je me rapproche de la perfection relative, celle qui a pour bornes les moyens de l'auteur. Mes efforts ,

ne fussent-ils pas couronnés du succès, prouveront du moins ma soumission à la critique judicieuse, et mon respect pour le public.

CHARLEMAGNE

A PAVIE

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