‹ uvres complètes de Millevoye (volume 4)Chapitre 13 sur 100 · LA FLEUR · texte numérisé non relu

LA FLEUR

Jr L E u R charmante et solitaire Qui fus l'orgueil du vallon, Tes débris jonchent la terre Dispersés par l'aquilon.

La même faux nous moissonne ; Nous cédons au même dieu; Une feuille t'abandonne, Un plaisir nous dit adieu.

Hier , la bergère encore Te voyant sur son chemin,

Disait: «Fille de l'Aurore, Tu m'embelliras demain. »

Mais sur la tige légère Tu t'abaissas lentement; Et l'ami de la bergère Vint te chercher vainement.

Il s'en retourne et soupire :

« Console-toi , beau pasteur !

Ton amante encor respire, Tu n'as perdu que la. fleur.

« Hélas ! et ma jeune amie Ainsi que l'ombre a passé ; Et le bonheur de ma vie N'est plus qu'un rêve effacé.

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