LA FLEUR
Jr L E u R charmante et solitaire Qui fus l'orgueil du vallon, Tes débris jonchent la terre Dispersés par l'aquilon.
La même faux nous moissonne ; Nous cédons au même dieu; Une feuille t'abandonne, Un plaisir nous dit adieu.
Hier , la bergère encore Te voyant sur son chemin,
Disait: «Fille de l'Aurore, Tu m'embelliras demain. »
Mais sur la tige légère Tu t'abaissas lentement; Et l'ami de la bergère Vint te chercher vainement.
Il s'en retourne et soupire :
« Console-toi , beau pasteur !
Ton amante encor respire, Tu n'as perdu que la. fleur.
« Hélas ! et ma jeune amie Ainsi que l'ombre a passé ; Et le bonheur de ma vie N'est plus qu'un rêve effacé.