‹ uvres complètes de Millevoye (volume 4)Chapitre 19 sur 100 · LIVRE I. ï · texte numérisé non relu

LIVRE I. ï

De consumer ma vie au sein des longs travaux , Et de consacrer à ma muse

L'heure où le doux sommeil balance ses pavots.

Je souris tristement à l'erreur qui t'abuse. I Mais lorsque tu me dis : « Je compte sur ta foi ;

Ne m'abandonne pas , je me confie à toi , »

Alors mon cœur succombe au trouble qui l'oppresse;

Je sens l'aveu cruel s'échapper à moitié ; Et toi, tu crois à ma tendresse, Qui n'est plus que de la pitié.

Quand finira l'erreur dont tu jouis encore , Combien de larmes vont couler!

Je plaindrai tes douleurs, et, sans les consoler, Je répéterai r« Pauvre Isore !... »

Périsse , périsse le jour

Où la fière Délie usurpa ton empire !

Périssent ses attraits et son fatal sourire ! 4 lo

Jio ÉLÉGIES.

PérisiSe même son amour!

Qu'ai-je dit ? Peut-être Délie ,

Uji jour, d'Isore en pleurs vengera l'abandon : Oublié comme je t'oublie ,

Je viendrai , doucie Isore , implorer un pardon ; Mais en vain : le dieu qui console , Le temps aura donné ton cœur A quelque autre amant moins frivole, Et plus digne de son bonheur.

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