LE SORT D'UN AMANT
J ' ÉTAIS jeune, une Déesse
Des cieux pour moi descendit ;
Souriant elle me dit :
« Je suis l'antique Sagesse. »
Son air de sincérité
Ajoutait encore aux grâces
De sa douce austérité;
Elle ajouta : « Suis mes traces ;
Je mène à la vérité. »
Je la suivis ; mais les belles
De moi détournaient les yeux.
« Ah ! redisait l'une d'elles ,
lia ELEGIES.
Jeune sage est bientôt vieux. »
A ces mots , de ma Déesse Je pris congé sans retard , Et dis à l'enchanteresse :
« Prends pitié de ma vieillesse.
Rajeunis-moi d'un regard. »
Embrasé du feu lyrique , J'osai, jusque dans les cieux , Suivre l'aigle audacieux En son essor pindarique.
Je vis les belles alors Accueillir d'un ris perfide Mes poétiques transports, Et ces colombes de Gnide S'enfuir devant mes accords.
Elles me disaient : « Compose De plus gracieux écrits