LIVRE I. ii
Dont le baiser, dont la rose Soient le sujet et le prix. »
A cette voix adorée Je ne pus me refuser,' Et de ma lyre effleurée Le chant n'eut que la durée De la rose ou du baiser.
Maintenant que ma jeunesse
Traîne des jours sans désirs ,
Et que l'abus des plaisirs
Me condamne à la sagesse :
Les belles , le front glacé ,
Me regardent comme une ombre ;
Et pour elles , du passé
Les baisers , doux et sans nombre ,
Semblent un songe effacé.
Les ingrates m'osent dire :
« Nous te répétions toujours Que les travaux de la lyre Usaient lentement tes jours. »
Plus que vous, fidèle et tendre Cette lyre au monument Avec moi voudra descendre ; Mais qui de vous , sur ma cendre Viendra rêver un moment ?