LA JEUNE EPOUSE
Vierges, filles des mers, jeunes Ooéanides, Écartez le Soleil de vos grottes hurnides.
Les sons de la cithare au bruit des coupes d'or S'unissent; et déjà la fille d'Elphédor, Nais, vierge au front pur, de roses couronnée , Rêveuse s'est assise au banquet d'hymenée. Toutefois par moment, son regard inquiet Mesurait le déclin du jour qui s'enfuyait.
M La nuit vient, disait-elle, et bientôt voici l'heure Où doit s'ouvrir pour moi la nouvelle demeure.
ï34 ÉLÉGIES.
Douxseuil ! toit paternel ! fleurs qu'arrosait ma main ! Mes yeux,sans vous trouver,vous chercheront demain. Mon père, etvous mes sœurs, à qui je fus si chère! Il faut nous séparer... O ma mère, ma mère ! L'inexorable hymen va m'imposer sa loi; Le baiser du réveil ne sera plus pour toi. »
Dans l'épaisseur des bois, s'ouvrait l'enceinte agreste Oïl jadis la Pudeur eut son autel modeste : Un sentier peu connu, de mousse recouvert, Conduisait au parvis de ce temple désert. Là, tandis que Vesper cache encor son étoile, La virginale épouse, abandonnant le voile Dont le prêtre d'hymen a paré ses cheveux , Vient à l'humble déesse offrir ses derniers vœux.
Les yeux baissés, au temple elle arrive en silence ; La lige d'un beau lis dans sa main se balance.