LIVRE IL i3fr
Sur l'autel, d'un lait pur elle épanche les flots, Se prosterne, et sa voix laisse échapper ces mots: « Sainte pudeur ! accepte une dernière offrande. Tu ne me verras plus enlacer ta guirlande , Couronner tes autels de bandeaux et de fleurs; Je ne puis désormais te donner que des pleurs. »
Arrosant de ses pleurs le beau lis qu'elle effeuille , La fille d'Elphédor un moment se recueille , Imprime sur l'autel un baiser triste et doux , Et lentement retourne au banquet de l'époux. L'époux distrait, cherchant son épouse charmante. Oubliait et la fête et la coupe écumante. Il voit Naïs , et , l'œil étincelant d'amour , Accuse de lenteur le char brillant du jour.
C'en est fait: dérobée aux larmes de sa mère, Naïs... O chaste nuit! redouble ton mystère.
i36 ÉLÉGIES.
Tout est calme autour d'eux; tout dort-, on n'entend plus Que les soupirs mourants et les vagues refus. Sainte pudeur! adieu : de ton culte jalouse, Vénus, Vénus triomphe, et la vierge est épouse; Et l'époux enflammé tremble que le soleil Ne remonte avant l'heure à l'horizon vermeil.
Vierges, filles des mers , jeunes Océanides, Retenez le soleil dans vos grottes humides.