LIVRE II
Cent vierges, qu'enfanta l'Indé voluptueuse, Couvrent de mets choisis sa table fastueuse , Et dans les coupes d'or épanchent en ruisseaux Les vins délicieux de Chypre et de Naxos , Jusqu'à l'heure où , lassé de la bruyante or|,de , Il s'endort aux doux sons des flûtes de Plirygie.
Le vieillard, sur le seuil, aux nombreux serviteurs
Atteste du foyer les Lares protecteurs,
Le nom de suppliant, son âge et sa misère.
De Lycus qui déjà s'arme d'un front sévère ,
Il s'approche, et, fidèle au signe accoutumé,
Baise humblement les bords du manteau parfumé :
« O Lycus! l'homme heureux, tel qu'un dieu sur la terre,
Des biens de l'indigence est le dépositaire ;
Un favorable sort m'amène vers ces lieux :
L'étranger, tu le sais, vient de la part des Dieux;
Ne me dédaigne pas. La Prière , éploréc ,
Du puissant Jupiter est la fille sacrée. Ne me dédaigne pas , Lycus ; mon seul trésor , Cette lyre envers toi peut m'acquitter encor. J'ai visité du Nil les campagnes fécondes ; J'ai traversé la terre et parcouru les ondes : Les peuples m'entouraient; et les trépieds dorés Furent souvent le prix de mes vers inspirés. En écoutant mes vers , la docte Méonie Croyait d'Apollon même entendre l'harmonie j Et les vieillards charmés se levaient devant moi. J'ai chanté pour les Dieux, je chanterai pour toi. Puisse ma voix monter à la voûte étoilée! Puisse de Jupiter la faveur signalée De jours délicieux composer tes destins ! Que l'ambre le plus pur s'exhale à tes festins; Que les Plaisirs, fixés dans tes belles demeures, Précipitent pour toi les pas légers des Heures; Que le char des moissons fatigue tes taureaux;