‹ uvres complètes de Millevoye (volume 4)Chapitre 45 sur 100 · LIVRE U. j · texte numérisé non relu

LIVRE U. j

Évoquer leur poussière , et du fond de son urne Forcer quelque ombre illustre à remonter au jour.

Étemels monuments de grandeur inégale , Nous verrons de la mort ces palais éclatçints Où du royal orgueil la pompe sépulcrale Ne pouvant fuir la mort, veut triompher du temps.

Du trépas et du temps les sublimes pensées Laisseront dans mon ame un fécond souvenir , Et devront, quelque jour, en beaux vers cadencées, Du milieu des tombeaux voler vers l'avenir.

Glisse, léger vaisseau ! frappez , rames agiles ! Cordages, redoublez vos sifflements aigus ! Zéphyrs, gonflez le sein de nos voiles mobiles ! Portez-moi sans retard près du fils de Lagus. »

i64 ÉLÉGIES.

A ces chants prolongés sur la vague sonore , Le rapide vaisseau fuit plus prompt sur les flots Que la poupe dorée où le brillant Théore Voguait, paré de fleurs, aux fêtes de Délos.

11 a touché la rive. Un fidèle message Annonce le poète au monarque enchanté : Il se lève : il accourt, et vient sur son passage Tendre au vieillard la main de l'hospitalité.

On vit, durant trois jours, sur ces rives fécondes, Par des chants , par des jeux , les transports signalés. Comme au temps où du Nil les paternelles ondes Ramènent l'abondance aux peuples consolés.

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